Une "quasi-lune" tourne autour de notre planète
Une nouvelle "quasi-lune" tourne autour de la Terre
Les astronomes ont détecté, il y a peu, une quasi-lune errante dans l’orbite de notre planète.
Ce n’est pas la première fois que ce type de passager clandestin se balade autour de la Terre.

Contrairement à la Lune, les quasi-lunes ne sont pas liées à notre planète par la gravité.
Certaines peuvent être des astéroïdes qui orbitent autour du Soleil et qui se retrouvent parfois sur une trajectoire alignée avec celle de la Terre, donnant l’impression que cette dernière possède une deuxième lune.
Grande nouvelle dans notre système solaire : un mystérieux rocher spatial, de la taille d’un immeuble, accompagne la Terre dans son voyage autour du soleil. Inconnu des astronomes jusqu’à cet été, cet objet suit notre planète depuis des décennies, dans une configuration céleste qui en fait une « quasi-lune ».
Notre planète possède d’autres « quasi-lunes » comme PN7 ; celles-ci orbitent autour du soleil mais leur trajectoire qui suit une boucle dans l'espace, se glissant tantôt devant la Terre, dérivant tantôt derrière elle, donne ainsi l’impression qu’elles tournent réellement autour de notre planète. Il existe également des mini-lunes, qui sont en réalité « capturées » par la force d’attraction terrestre et orbitent de manière temporaire autour de la Terre avant de s’échapper.
Rien n’est comparable à la Lune, le seul satellite naturel de la Planète bleue, joyau sacré du ciel nocturne.
Ces autres objets ne sont visibles qu’à l’aide de puissants télescopes, en particulier ceux conçus pour capter la faible lumière du soleil qui se reflète sur de minuscules rochers se déplaçant dans l'obscurité .
Chaque nouvelle découverte nous rappelle néanmoins une exquise réalité concernant notre voisinage cosmique : il existe toujours davantage de lunes qui tournent autour de la Terre que ce que nous croyons.
QU’EST-CE QU’UNE QUASI-LUNE ?
Dans le système solaire, la Terre n’est pas la seule planète à disposer de satellites furtifs ; les astronomes ont détecté la toute première « quasi-lune » connue autour de Vénus en 2002.
La découverte de PN7 porte à au moins sept le nombre de « quasi-lunes » connues tournant autour de notre planète. Il en existe probablement d’autres, qui se déplacent sans être décelées.
Ces petits corps peuvent entrer et sortir d’une orbite partagée avec la Terre par pur hasard gravitationnel et sont soumis à de minuscules tiraillements gravitationnels venant de notre planète.
Les « quasi-lunes » découvertes jusqu’à présent ont une taille comprise entre 9 et 300 mètres ; pour l’heure, l’on soupçonne PN7 d’être l’une des plus petites d’entre elles.
PN7, qui a été détectée par un télescope Pan-STARRS à Hawaï à la fin du mois d’août, s’est synchronisée avec la Terre au milieu des années 1960, avant que les premiers êtres humains ne posent le pied sur la Lune.
Les scientifiques prédisent que PN7 déviera sur une orbite différente autour du soleil en 2083. La durée de ces configurations varie ; un autre objet découvert par Pan-STARRS en 2016, Kamoʻoalewa, conserve son statut de « quasi-lune » depuis environ un siècle, et ce, encore pour les 300 prochaines années.
Les mini-lunes sont également le fruit d’un hasard gravitationnel, si ce n’est que la Terre les capture véritablement. Ces rochers dérobés par notre planète tournent en général autour d’elle pendant moins d’un an ; leurs orbites sont assez instables et ils peuvent facilement s’en échapper. Les astronomes n’ont observé que quatre mini-lunes à ce jour ; la dernière, proche des proportions d’un bus scolaire, a quitté la Terre l’année dernière après quelques mois.
QU’EST-CE QU’UNE LUNE AU JUSTE ?
Il peut sembler exagéré de qualifier un rocher de lune, même miniature. Il en va de même pour certaines « quasi-lunes » plus petites comme Kamoʻoalewa, qui mesure environ la taille d’une grande roue.
Les astronomes ne disposent en fait d’aucun ensemble officiel de règles pour nommer et classer les objets pouvant se présenter comme des lunes.
En 2018, une équipe de scientifiques a rapporté avoir découvert deux « lunes fantômes », des nuages vaporeux de poussière cosmique orbitant aux côtés de la Lune.
D’OÙ VIENNENT CES NOUVELLES LUNES ?
Les scientifiques tentent toujours de déterminer l’origine de ces visiteurs occasionnels de la Terre . Il pourrait s’agir d’astéroïdes proches de la Terre, un ensemble de milliers de roches spatiales qui appartenaient autrefois à la ceinture principale d’astéroïdes du système solaire, entre Mars et Jupiter.
À un moment donné, Jupiter, la reine de la force d’attraction, les a peut-être poussés vers le système solaire interne.
Il est également possible que ces astres s’apparentant à des lunes soient des fragments de la Lune qui ont été arrachés de sa surface par des collisions avec d’autres roches filant à travers l’espace. Lorsque Benjamin Sharkey et ses collègues ont étudié la « quasi-lune » Kamoʻoalewa, ils ont découvert que sa composition semblait « plus proche de la Lune que celle de tous les autres astéroïdes observés auparavant », plus érodée et brûlée par le soleil que les astéroïdes typiques situés dans les environs de la Terre. La mini-lune la plus récente portait également des traces d’appartenance à la Lune.
Une exploration sérieuse de Kamoʻoalewa est déjà en cours et pourrait aider à déterminer ses origines. Au printemps dernier, la Chine a lancé une mission qui atteindra Kamoʻoalewa l’été prochain ; la sonde prélèvera des fragments rocheux de la « quasi-lune » et les ramènera sur Terre pour que les scientifiques puissent les analyser.